Planète Terreur / Planet Terror (Robert Rodriguez, 2007)

Publié le par Systool

Difficile de caractériser une personne avec un seul adjectif. Si on voulait tenter l'exercice avec Robert Rodriguez, on pourrait hasarder un petit « outrancier ». Le lascar nous a habitué à des pellicules aux effluves de tortillas, de femmes fatales et de fusillades. La trilogie Desperado avec un Antonio Banderas dont la guitare lançait des riffs qui avaient la saveur de la poudre est encore dans toutes les mémoires, même si personnellement, ces effusions me laissaient parfois un arrière-goût bizarre. Sans parler de Spy Kids, franchise assez débile dont il a quand même fallu se coltiner trois épisodes, dont un avec Stallone. Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas une sinécure, et encore moins une cure de cinéma. Heureusement, l'univers BDesque de Frank Miller lui seyait à merveille, Sin City – dont une suite est prévue pour bientôt – se plaçant comme une réussite autant du point de vue scénaristique que purement visuel. Grand pote de Quantin Tarantino, ils décident de réaliser ensemble un diptyque censé rendre hommage aux films de série B des années 60-70, connus sous le nom de Grindhouse. Rappelons que ce « mouvement » rassemblait des films de genre assez hétérogène, du gore au porno en passant par les histoires de bikers, de kung-fu et de la contre-culture afro-américaine (Jackie Brown était d'ailleurs un clin d'oeil à la Blaxploitation). Ce projet Grindhouse cuvée 2007 est donc composé de Boulevard de la Mort (Death Proof), signé QT, qui voyait la présence de Kurt Russell en automobiliste peu scrupuleux du code de la route. A vrai dire, le gaillard a pour hobby l'écrasement compulsif de piétons. Dans Planète Terreur (Planet Terror), on navigue en plein Texas post-nucléaire, un curieux virus semblant décimer la population.

 



Sortis simultanément aux Etats-Unis (c'était le principe de ces films de deuxième zone, justement), ils paraissent à quelques mois d'intervalle dans nos contrées, ce qui nous a pour ainsi dire contraints à acheter deux tickets de cinéma. Je suis passé entre les gouttes, puisque j'ai pu contempler le spectacle chez un ami, un beamer derrière les oreilles et une bière à la main. Ça commence avec une fausse bande-annonce, Machete, qui nous permet d'apprécier la gueule burinée de Danny Trejo, acteur fétiche de Rodriguez et habitué aux rôles de pas gentil. On retrouve la patte du réalisateur mexicain qui saupoudre le tout d'une bonne dose de vengeance sur fond de christianisme (Cheech Marin fait d'ailleurs une apparition en tant que curé). Puis les choses sérieuses débutent : Cherry (Rose McGowan), une jolie demoiselle, nous livre un petit lapdance de derrière les fagôts avant de claquer la porte du go-go (gadgeto) club. Au détour d'un steak au Bone Stack (les meilleurs du Texas), elle retrouve Wray (Freddy Rodriguez – aucun lien), son ancienne idylle. Ensemble, ils vont devoir en découdre avec une bande de zombies au visage pustuleux atteints d'une terrible et mystérieuse épidémie. Ils pourront compter (du moins en partie) sur la contribution des Dr William et Dakota Block - Josh Brolin et Marley Shelton - ainsi que sur le sheriff Hague (Michael Biehn), le père de Dakota.

 

- Vas-y, ouvre la bouche pour papa!

- Aaaaaahhhhh!!!!


A mi-chemin entre l'Aube des Morts et l'une de ses nombreuses parodies, Planet Terror multiplie les scènes gores sans se prendre au sérieux. On passe en quelques secondes d'une grimace de dégoût à un bon rire bien gras. Les scènes de canardage sont une référence évidente aux jeux vidéos de type shoot 'em up, Rodriguez ajoutant cette touche de dérision en affublant l'héroïne d'une mitraillette comme prothèse de jambe. Parmi les apparitions « surprises », on notera celle de Fergie (BLACK-EYED PEAS) en autostoppeuse malheureuse, ou encore Tarantino himself, assez détestable en geolier pervers qui s'en prendra plein la vue. Esthétiquement, double R se montre toujours un chef pour ce qui est de filmer des sexy girls et de grosses explosions. Ce dernier se permet quelques effets de bobine puisqu'il donne une patine usée à certaines scènes. Totalement inutile mais assez jouissif, PLANET TERROR représente une nouvelle fresque grand guignolesque qui passionnera ceux qui suivent Rodriguez depuis ses débuts et qui récoltera un vague haussement d'épaule de la part de ses détracteurs les plus farouches. Du film pop corn qui s'assume complètement, mais au moins celui-ci n'a pas la fadeur de certains blockbusters.

 



PLANETE TERREUR (PLANET TERROR)

Un film GRINDHOUSE

USA - 2007

Réalisé par Robert Rodriguez

Avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Josh Brolin, Bruce Willis, Marley Shelton

 

 


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SysTooL 18/08/2008 14:52

D  : Oui, une semaine de vacances... c'était pas suffisant, mais bon... retour à la dure réalité depuis ce matin... moins agréable que le lapdance de miss Mc Gowan, c'est sûr...

D&D 18/08/2008 04:20

Un film sur lequel je ne sais malheureusement pas partager ton plaisir. Mais au plaisir, il n'y a rien à redire ;-)Bon souvenir tout de même de la danse d'ouverture !Euh... T'es en vacance toi, hein ?J'espère : tu l'as pas volé :-)

SysTooL 30/07/2008 13:35

Ark : Ah ça fait du bien de te retrouver par ici... je tâcherai de publier des articles qui te "parlent" davantage ;-)Martin : Ah ces Werewolf Woman of the SS... je crois que c'est un clin d'oeil à une BD de série Z, justement, de Rob Zombie...

Martinus 30/07/2008 10:11

Je l'ai trouvé assez cool dans le genre second degrés. C'est assez marrant : je l'ai offert à mon petit frère (16 ans) en me disant qu'il trouverait ça drôle mais il a pas du tout aimé. Ca doit être une question de génération...Sinon il me semble que Machete va vraiment être tourné. Mais c'est pas la plus drole des fausses bandes annonces. Il me semble que y en avait une qui s'appelait "les femmes loups-garous des SS" qui m'a bien fait marrer !Je crois que tu résumes assez bien avec ton "inutile, mais joussif" (mais depuis quand la jouissance est inutile ?)

Arkham09 29/07/2008 19:41

Du cinéma de genre qui ne se prend pas au sérieux rien de plus. On sent le côté "potache" de bahut entre Tarantino et Rodriguez: des jolies filles, un peu de sexe et beaucoup de "canardage" comme tu dis Systool.
Le type de film qu'on oublie aussi vite qu'on l'a vu, par contre "Boulevard de la mort" me semble meilleur: plus structuré, scénographiquement très travaillé, gros boulot au niveau des cadrages (avec une scène de crash d'anthologie), mais la fin est baclé avec un happy end ridicule (peut être est-ce le genre qui le veut?).
Content de te relire Systool et de pouvoir déposer un com sur une chronique traitant d'un sujet que je connais, rassure toi je ne t'avais pas oublié  ;-)