Je tente depuis le mois d'avril 2005 de vous exposer mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Vous remarquerez qu'il existe des lecteurs qui vous permettent d'écouter gratuitement des chansons (mp3, flash) ou de visualiser des clips. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...
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Difficile de caractériser une personne avec un seul adjectif. Si on voulait tenter l'exercice avec Robert Rodriguez, on pourrait hasarder un petit « outrancier ». Le lascar nous a habitué à des pellicules aux effluves de tortillas, de femmes fatales et de fusillades. La trilogie Desperado avec un Antonio Banderas dont la guitare lançait des riffs qui avaient la saveur de la poudre est encore dans toutes les mémoires, même si personnellement, ces effusions me laissaient parfois un arrière-goût bizarre. Sans parler de Spy Kids, franchise assez débile dont il a quand même fallu se coltiner trois épisodes, dont un avec Stallone. Ce qui, vous en conviendrez, n'est pas une sinécure, et encore moins une cure de cinéma. Heureusement, l'univers BDesque de Frank Miller lui seyait à merveille, Sin City – dont une suite est prévue pour bientôt – se plaçant comme une réussite autant du point de vue scénaristique que purement visuel. Grand pote de Quantin Tarantino, ils décident de réaliser ensemble un diptyque censé rendre hommage aux films de série B des années 60-70, connus sous le nom de Grindhouse. Rappelons que ce « mouvement » rassemblait des films de genre assez hétérogène, du gore au porno en passant par les histoires de bikers, de kung-fu et de la contre-culture afro-américaine (Jackie Brown était d'ailleurs un clin d'oeil à la Blaxploitation). Ce projet Grindhouse cuvée 2007 est donc composé de Boulevard de la Mort (Death Proof), signé QT, qui voyait la présence de Kurt Russell en automobiliste peu scrupuleux du code de la route. A vrai dire, le gaillard a pour hobby l'écrasement compulsif de piétons. Dans Planète Terreur (Planet Terror), on navigue en plein Texas post-nucléaire, un curieux virus semblant décimer la population.
Sortis simultanément aux Etats-Unis (c'était le principe de ces films de deuxième zone, justement), ils paraissent à quelques mois d'intervalle dans nos contrées, ce qui nous a pour ainsi dire contraints à acheter deux tickets de cinéma. Je suis passé entre les gouttes, puisque j'ai pu contempler le spectacle chez un ami, un beamer derrière les oreilles et une bière à la main. Ça commence avec une fausse bande-annonce, Machete, qui nous permet d'apprécier la gueule burinée de Danny Trejo, acteur fétiche de Rodriguez et habitué aux rôles de pas gentil. On retrouve la patte du réalisateur mexicain qui saupoudre le tout d'une bonne dose de vengeance sur fond de christianisme (Cheech Marin fait d'ailleurs une apparition en tant que curé). Puis les choses sérieuses débutent : Cherry (Rose McGowan), une jolie demoiselle, nous livre un petit lapdance de derrière les fagôts avant de claquer la porte du go-go (gadgeto) club. Au détour d'un steak au Bone Stack (les meilleurs du Texas), elle retrouve Wray (Freddy Rodriguez – aucun lien), son ancienne idylle. Ensemble, ils vont devoir en découdre avec une bande de zombies au visage pustuleux atteints d'une terrible et mystérieuse épidémie. Ils pourront compter (du moins en partie) sur la contribution des Dr William et Dakota Block - Josh Brolin et Marley Shelton - ainsi que sur le sheriff Hague (Michael Biehn), le père de Dakota.
- Vas-y, ouvre la bouche pour papa!
- Aaaaaahhhhh!!!!
A mi-chemin entre l'Aube des Morts et l'une de ses nombreuses parodies, Planet Terror multiplie les scènes gores sans se prendre au sérieux. On passe en quelques secondes d'une grimace de dégoût à un bon rire bien gras. Les scènes de canardage sont une référence évidente aux jeux vidéos de type shoot 'em up, Rodriguez ajoutant cette touche de dérision en affublant l'héroïne d'une mitraillette comme prothèse de jambe. Parmi les apparitions « surprises », on notera celle de Fergie (BLACK-EYED PEAS) en autostoppeuse malheureuse, ou encore Tarantino himself, assez détestable en geolier pervers qui s'en prendra plein la vue. Esthétiquement, double R se montre toujours un chef pour ce qui est de filmer des sexy girls et de grosses explosions. Ce dernier se permet quelques effets de bobine puisqu'il donne une patine usée à certaines scènes. Totalement inutile mais assez jouissif, PLANET TERROR représente une nouvelle fresque grand guignolesque qui passionnera ceux qui suivent Rodriguez depuis ses débuts et qui récoltera un vague haussement d'épaule de la part de ses détracteurs les plus farouches. Du film pop corn qui s'assume complètement, mais au moins celui-ci n'a pas la fadeur de certains blockbusters.
PLANETE TERREUR (PLANET TERROR)
Un film GRINDHOUSE
USA - 2007
Réalisé par Robert Rodriguez
Avec Rose McGowan, Freddy Rodriguez, Josh Brolin, Bruce Willis, Marley Shelton
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