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Je tente depuis le mois d'avril 2005 de vous exposer mes passions en matière de musique, surtout rock et jazz, mais aussi mes coups de coeur cinéma et littéraires. Ce blog a une fonction de plate-forme afin que d'autres internautes partageant les mêmes centres d'intérêt (ou étant simplement curieux) puissent interagir. Vous remarquerez qu'il existe des lecteurs qui vous permettent d'écouter gratuitement des chansons (mp3, flash) ou de visualiser des clips. Bon surf, profitez bien et n'oubliez pas qu'un petit mot de votre part est toujours reçu agréablement...

 

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Jeudi 13 mars 2008

Tout débute en 1898. Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis) s'extirpe des entrailles d'un puits où il vient de découvrir de l'argent. La caméra de Paul Thomas Anderson est patiente et observe cet homme seul et opiniâtre. En fond sonore, Jonny Greenwood – guitariste de RADIOHEAD - nous livre une partition de « classique expérimental ». Voici en quelque sorte le trio gagnant de THERE WILL BE BLOOD, dernière réalisation du prodige américain à qui l'on doit une filmographie déjà sublime : HARD EIGHT, évoluant dans le milieu du casino et BOOGIE NIGHTS, qui décrivait le parcours d'une star du porno, suivis de MAGNOLIA, fresque quasi-biblique sur le hasard et la famille, et enfin PUNCH-DRUNK LOVE, une comédie burlesque menée par l'épatant Adam Sandler.

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On retrouve dans cette nouvelle épopée saluée par la critique certaines thématiques chères à Anderson, comme la relation d'un père avec son fils, conflictuelle au bas mot, abusive dans tous les cas. En effet, Daniel Plainview, en "oilman" averti, va sillonner la Californie avec son fiston sous le bras, clamant à qui veut l'entendre qu'il est avant tout un homme pour lequel la famille est sacrée, et que grâce à son expérience en matière de forage, il permettra à toute la région de devenir prospère. Cela, bien entendu, si les habitants acceptent de lui céder leur terrain rocailleux où rien ne pousse. Sauf qu'un rempart inattendu se placera sur son chemin, personnifié par un adolescent, Eli Sunday (Paul Dano), dont la ferveur religieuse (et l'attrait pour des cérémonies dignes d'un exorcisme) causeront quelques difficultés à Plainview. Des faux dévots hypnotisant la foule, Anderson en a déjà parlé dans MAGNOLIA, lorsque Tom Cruise – dans l'un de ses meilleurs rôles – incarnait un gourou phallocrate hilarant. Les scènes où Eli tente de gagner les badauds à sa cause sont d'ailleurs les seuls moments où l'on se surprend à rigoler un peu, même si au fond, ce dernier nous inspire quasiment autant de dégoût que le pétrolier moustachu. Day-Lewis, qui a reçu un Oscar mérité pour cette nouvelle démonstration, porte le film à bout de bras. Rares sont les moments où celui-ci n'est pas présent à l'écran, le regard sombre et la main crispée par cette avidité qui le bouffera petit à petit et qui le laissera finalement seul avec son pétrole.

Il s'avère difficile de ne pas admettre que Paul Thomas Anderson est le réalisateur le plus talentueux de sa génération, aussi futile soit cette déclaration. En quelques films, il est parvenu à créer un univers varié, dépeignant des personnages en proie aux sentiments les plus abjects (cupidité, haine et arrogance), le tout filmé avec une intelligence rarement égalée. THERE WILL BE BLOOD, paru après cinq ans de silence et tiré du roman Oil! de Upton Sinclair, représente sans doute son oeuvre la plus personnelle. On est loin des constructions à la Altman où les personnages forment un réseau subtile. De même, on ne retrouve pas le style flamboyant digne de Scorsese que l'on pouvait apprécier dans BOOGIE NIGHTS, notamment. Dans le cas présent, Anderson fait preuve d'un formidable sens de l'épure, nous exposant deux heures et demi durant toute sa maestria et une direction d'acteurs sans faille. Accompagné par la musique tour à tour tendue et facétieuse de Greenwood, il nous narre le parcours linéaire mais implacable d'un homme prêt à mettre le monde à feu et à sang mais qui se heurtera à sa propre ambition. Attention, chef-d'oeuvre.


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There will be Blood (USA – 2007)
réalisé par Paul Thomas Anderson
avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano et Dillon Freasier


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Une bio de PT Anderson

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