JOHN COLTRANE : A Note Supreme (bio)

Publié le par Systool

John Coltrane représente sans aucun doute l’un des grands jazzmen ayant foulé le sol de la planète Terre. Malgré la brièveté de sa carrière, il aura collaboré avec les plus grands – Davis, Monk, Adderley – et livré des albums d’anthologie (Giant Steps, My Favorite Things, A Love Supreme…). Reprenons en bref les étapes marquantes de sa vie :

 

Né le 23 septembre 1926 en Caroline du Nord, John débute la musique vers l’âge de 13 ans, tout d’abord avec la clarinette et le cor, avant de saisir son intrument de prédilection, le saxophone, lorsqu’il entre au lycée. A l’âge de 20 ans, il déménage à Philadelphie et commence à donner ses premières représentations dans des clubs, mais deux ans plus tard, on le mute à Hawaï dans la fameuse Navy. Son expérience militaire est de courte durée puisqu’en mai 1946, Coltrane rentre à Philadelphie et se consacre pleinement à la musique, passant du saxophone alto au sax tenor. Les spécialistes discuteront longtemps sur ce changement soudain, les uns arguant qu’il souhaitait se démarquer de Charlie Parker qui aurait expérimenté toutes les possibilités de l’alto alors que d’autres pensent que c’était uniquement pour être complémentaire à Eddie Vinson, un des collaborateurs de Coltrane à l’époque et saxophoniste alto. Quoi qu’il en soit, John intègre le groupe de Dizzie Gillespie vers 1949 et nous pond son premier solo sur We love to boogie. Malheureusement, ses problèmes de drogue (Coltrane était héroïnomane) lui feront quitter le septet de Gillespie et mineront d’ailleurs souvent sa carrière.

 

 

 

 

 

 

Le tournant survient en 1955, lorsque John est embauché par Miles Davis, un musicien jazz déjà confirmé (Birth of the Cool, Bags’ Groove) qui s’entourera à cette période de Red Garland, Joe Jones et Paul Chambers. Leur première collaboration, et pas des moindres, sera ‘Round about Midnight, suivi d’autres albums sortis chez Columbia, tels que Cookin’ (comprenant les superbes Blues by Five et Tune up/When Lights are low) ou encore Workin’, paru en 1958. A la même période, Coltrane entame une carrière solo, n’abandonnant pas pour autant sa collaboration comme sideman auprès d’autres musiciens et avec le Miles Davis Quintet, dont le leader autoritaire vire Coltrane à plusieurs reprises en raison de son penchant immodéré pour la drogue. Le premier album éponyme de Coltrane, qui sera d’ailleurs renommé First Trane - les jazzman ont souvent baptisé leurs albums au moyen de jeux de mots au goût douteux – contient d’excellentes pistes comme While my Lady sleeps. En juin 1957, John rejoint le Thelonious Monk Quartet mais compose surtout l’un de ses diamants les plus finement ciselés, Blue Train, accompagné de Lee Morgan, Curtis Fuller, Kenny Drew ainsi que les vieilles connaissances Jones et Chambers. Blue Train, l’un des albums de jazz les plus marquants, comprend des compositions toutes signées de la plume de John Coltrane, si ce n’est la reprise I’m old Fashioned. 

 

Davis rappelera Coltrane pour le fantastique Milestones qu’il enregistrera avec la même formation que pour ‘Round about Midnight, si ce n’est l’apport essentiel de Cannonball Adderley au sax alto, tandis que le Trane poursuit son parcours solo avec Lush Life et Soultrane. Cette année 1958, dont il serait un euphémisme de dire qu’elle a été prolifique, verra encore l’enregistrement de nombreux albums qui sortiront plusieurs années après : Bahia, Stardust et Standard Coltrane, compilés plus tard sous le titre The Stardust Sessions. En 1959, Coltrane signera un nouveau contrat avec le label Atlantic, délaissant ainsi Prestige, mais s’en ira également enregistrer un autre standard avec Miles Davis : Kind of Blues, peut-être l’album définitif de jazz avec les atmosphères lénifiantes de So what ou encore All Blues.  L’année suivante, John fait paraître un nouvel album solo, le non moins superbe Giant Steps, qui sera suivi de Coltrane Jazz et enfin My Favorite Things, fort de la présence de Summertime et du titre éponyme.

 

 

 

 

 

 

Coltrane est devenu une véritable référence en la matière et son nouveau changement de label – il passe chez Impulse! Records – coïncidera avec un revirement stylistique que l’on nommera « Free » ou « Avant-Garde » et que l’on peut apprécier sur Africa/Brass qu’il enregistre en compagnie de Eric Dolphy. Souhaitant apaiser les critiques qui ne semblent guère se délecter de ce jeu trop flou à leur goût, le Trane nous soumet ses collaborations avec Duke Ellington et Johnny Hartman, avant de repartir dans des contrées free avec Crescent et surtout A Love Supreme (1965), son album le plus célèbre, qui se révèle une véritable quête de spiritualité. Ses collaborateurs, parmi lesquels on trouve Elvin Jones, McCoy Tyner et Pharoah Sanders, seront également de la partie sur Ascension et Meditations, le dernier album de Coltrane paru de son vivant. En effet, en juillet 1967, on lui diagnostique un cancer du foie et le jour après son entrée à l’hôpital, John Coltrane décède.

 

De nombreux albums sortiront à titre posthume, preuve du caractère prolifique du saxophoniste, et on citera plus particulièrement Stellar Regions que la femme de John, Alice Coltrane fait paraître en 1995. Le temps passe, mais la musique chaude, romantique et viscérale de Coltrane est toujours là, vous n’avez qu’à tendre l’oreille.

Publié dans Jazz & Soul

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Sylvie Jamet 28/11/2006 13:43

Super toutes ces biographies !!!
Sylvie, blogueuse et musicienne.

Systool 28/11/2006 19:03

Bonsoir Sylvie! J'apprécie que ces bios te plaisent!

PAYSAGES DE FRANCE 25/08/2006 16:21

Le CD de JOHN COLTRANE : les meilleurs chansons
c'est une collection WARNER JAZZ les Incontournables

Systool 25/08/2006 16:26

Ah d'accord. Merci d'être repassé pour me dire ;-)

PAYSAGES DE FRANCE 25/08/2006 16:19

Je viens de mettre un nouveau lien de ton blog

Systool 25/08/2006 16:25

Ah ben merci Gigi, c'est sympa!

GIGI 25/07/2006 13:41

J'ai un CD de JOHAN COLTRANE
Super
J'adore le JAZZ et le BLUES

Systool 25/07/2006 14:00

Super Gigi! Quel CD de Coltrane as-tu??A+

Lady Domi 07/05/2006 07:43

«While my lady sleeps»... l'une des plages de ce 33 tours compil égaré dans la discothèque de mes parents (cadeau de Jazz Hot ou Jazz Mag à la fin des années 50 !) par lequel j'ai découvert Trane...Très belle bio, Systool. Beau travail de recherche, peut-être es-tu passé un peu vite sur les dernières années ? Mais... sont-elles les meilleures ?

Systool 07/05/2006 11:05

Je ne suis pas un grand connaisseur de jazz, je me contente de reprendre les éléments biographiques majeurs des différentes références biblio et du net... alors oui, peut-être suis-je allé un peu vite... et peut-être que, comme tu dis, il y avait moins à raconter sur ses dernières années ;-)