Vendredi 22 février
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Sans vouloir reprendre une assertion de Guillermo Del Toro, je commencerai en vous rappelant que Mike Mignola
est un génie. Un terme pour le moins galvaudé que l'on utilise à toutes les sauces mais dont je crois faire un usage parcimonieux.
L'auteur de comics américain a explosé il y a de cela une quinzaine d'années, lorsqu'il balance à la terre entière
les premières aventures de HELLBOY, un démon venu d'on ne sait où et recueilli par Trevor Bruttenholme, responsable du bureau de recherche et de défense sur le paranormal. On
retrouve dans ces pages la noirceur et l'attrait pour l'ésotérique de HP Lovecraft, mais il serait erroné de limiter cette franchise à un conte sombre et pessimiste, puisque l'humour et la
dérision transparaissent à chaque instant. Ceci est également le cas pour L'Homme à la tête de Vis et autres histoires déjantées, recueil publié récemment par les éditions Delcourt. Il
s'agit de six brefs récits, éloignés de l'univers de Hellboy, et qui nous permettent d'apprécier l'étendue du talent de Mignola. Celui-ci, en homme intelligent, sait s'entourer de collaborateurs
dévoués et provenant d'horizons divers : Dave Stewart, évidemment, que l'on retrouve à la couleur dans L'Homme à la Tête de Vis ou encore Abu Gung et le
haricot. Rappelons que Stewart accompagne Mignola dans l'aventure Hellboy depuis plus de dix ans, magnifiant le trait expressioniste du créateur. Steve Purcell, transfuge de
LucasArts, et Ryan Sook (BPRD) sont également de la partie.
Temples mésopotamiens, demeures victoriennes et manuscrit tombé dans l'oubli? Aucun doute, le premier récit de cette
collection, L'Homme à la Tête de Vis, navigue dans les eaux boueuses chères à Mignola. On y retrouve en outre la ménagerie habituelle : monstres amphibiens, singes et mouches
puantes. Mais le personnage principal, dont on ne vous fera pas l'affront de vous répéter le nom (il a une tête de vis), représente l'attrait majeur de ce récit d'une trentaine de pages au ton
particulièrement burlesque. Notons d'ailleurs qu'une adaptation TV a vu le jour en 2006, avec Paul Giamatti au doublage vocal du héros.
Dans Le Cercueil du Dr Gosburo, on suit deux historiens aux prises avec un livre renfermant des pouvoirs
occultes, tandis que Rusty Razorclam, Président de Neptune met en scène un pouce géant qui vient semer la pagaille. Enfin, Le Magicien et le Serpent représente
l'union créative de Mike Mignola et sa fille, alors âgée de 7 ans, qui lui donna l'idée de cette fable touchante en noir et blanc qui reçut, tout comme L'Homme à la Tête de Vis,
le prestigieux Prix Eisner.
Eventail vaste mais quelque peu inégal, ce recueil permettra aux inconditionnels de patienter encore un peu avant de découvrir
le prochain volume de Hellboy, qui verra la présence de Duncan Fegredo au dessin, Mike Mignola ayant décidé de se concentrer sur le scénario.
Mike Mignola – L'Homme à la Tête de Vis et autres histoires déjantées
(Editions Delcourt, 2008)
BONUS...
La version TV de
« L'Homme à la Tête de Vis » (VO)
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