JEFF BECK : You're everywhere and nowhere, Baby! (bio)

Publié le par Systool

Jeff Beck fait partie de cette catégorie de musiciens à propos desquels on pourrait se demander : « Mais pourquoi n’est-il pas aussi reconnu que d’autres guitar heroes ? ». Cercle restreint s’il en est, la question demeure tout de même valable. Parce que finalement, ce bonhomme originaire du Surrey (Angleterre) avait le talent d’un Hendrix et la technique d’un Page. Le fait de ne pas avoir un groupe à sa hauteur (?) et surtout son choix de carrière à l’opposé du rock-system sont des raisons possibles d’un tel anonymat en dehors des sphères de spécialistes. Penchons-nous malgré tout sur son parcours riche en rebondissements…


La carrière musicale de Jeff Beck démarre sous les meilleurs auspices puisqu’il remplace Eric Clapton, un autre virtuose de la guitare, chez les YARDBIRDS. Il faut dire que Jeff Beck avait une excellente carte de visite étant donné que c’est un certain Jimmy Page (futur LED ZEPPELIN), par ailleurs ami d'enfance, qui le conseille au groupe. Nous sommes au début de l’année 1965 et durant les deux années suivantes, des titres tels que Over Under Sideways Down, Psycho Daisies et Jeff’s Blues sont composés par le guitariste. Mais le groupe excelle surtout dans l’art de reprendre de vieux standards de blues tels que The Train kept a-rollin’ ou You’re a better Man than I.

Beck plie bagage avec l’idée de créer son propre groupe, sobrement intitulé JEFF BECK GROUP, qui comprend Rod Stewart au chant (eh oui), Ron Wood (basse) et Nicky Hopkins (claviers). Le tabouret du batteur s’apparente plutôt aux chaises musicales puisqu’il supportera successivement le séant de Aynsley Dunbar (un futur collaborateur de Zappa), Mickey Waller et Tony Newman. Leur premier album, Truth, se place comme une borne miliaire du heavy metal, au même titre que les grands classiques de CREAM et LED ZEPPELIN. On citera plus particulièrement la reprise du Shapes of Things de son précédent groupe, mais aussi Beck’s Bolero (signé Page) et You shook me, témoins de la maîtrise technique du guitariste anglais et de ses sbires.



Le deuxième album, Beck-Ola, sort quelques mois plus tard, en 1969, au moment où le rock dur commence à se frayer un chemin dans le cœur des jeunes grâce aux riffs déjantés de Jimmy Page et Eric Clapton. Ce LP contient deux reprises d’Elvis Presley, All shook up et Jailhouse Rock, tandis que les autres pistes mettent en valeur l’emphase stylistique de Beck et la voix émouvante et aigrelette de Stewart.

Le guitar hero ne bénéficie cependant pas d’une grande stabilité, puisque Stewart et Wood s’en vont bientôt pour former les FACES. Songeant tout d’abord à travailler avec Carmine Appice et Tim Bogert (VANILLA FUDGE), Beck devra remettre ces projets à plus tard puisqu’il subit, en 1970, un terrible accident de voiture, son autre passion par ailleurs (l’automobile, pas les accidents). Une fois remis de ses bobos, il engage de nouveaux musiciens avec lesquels il compose Rough and Ready et Jeff Beck Group (décidément, il ne se fatigue pas pour les titres). En 1972, Beck peut compter sur la disponibilité de Appice et Bogert mais leur collaboration s’avère peu fructueuse.

Nous arrivons désormais à un point crucial de cette biographie. Jusqu’à présent, il serait légitime de votre part de considérer Jeff Beck comme un perdu, un garçon certes doué mais qui ne semble jamais faire les bons choix (certains rient encore de son désistement de dernière minute au fameux Festival de Woodstock en 1969). Et pourtant, le garçon est plein de ressources et nous allons l’apprendre à nos dépens…

La renaissance a lieu avec Blow by Blow (1975), un album instrumental de jazz rock qui voit la présence du claviériste Max Middleton, dont les notes délicates s’entrelacent avec les riffs tonitruants de Beck. Une vraie réussite lorsqu’on entend des titres tels que Cause we’ve ended as Lovers (de Stevie Wonder) ou Freeway Jam. L’année suivante, le guitariste anglais remet ça avec Wired, un album musclé composé par la même Dream Team (Middleton, George Martin à la prod, vous savez, celui qui a enregistré presque tous les albums des BEATLES) et qui présente également Jan Hammer dans ses rangs. Goodbye Pork Pie Hat (du jazzman Charles Mingus) et Love is Green représentent les titres les plus célèbres de l’album. Beck décide alors de prendre une pause de quelques années, parce que deux albums en l’espace de quelques mois, c’est fatigant.


Ainsi ces vingt-cinq dernières années seront caractérisées par la sortie de quelques albums acceptables, parmi lesquels There and Back (1980), Flash (1985), Crazy Legs (1993) ou Who else (1999) qui malgré la guitare inspirée de Jeff Beck, parfois proche de celle de David Gilmour (PINK FLOYD), recèlent des titres qui ont bien vieilli (l’hilarant Escape ou encore un Gets up all in the End bien hard rock). Mais n’oublions pas Jeff Beck Guitar Shop (1989) avec Terry Bozzio (un autre batteur qui a fait ses preuves chez l’oncle Zappa) et les incursions électroniques que sont You had it coming (2001) et Jeff (2003), preuves que le garçon souhaite rester à flot et éviter de jouer les nostalgiques.

Mécanicien ermite, suiveur appliqué et rockeur intègre, Jeff Beck nous laisse un héritage conséquent et représente une figure robuste qui a su, dans son coin et loin des projecteurs, créer une musique puissante, émotive et inspirée dont Truth et Blow by Blow sont les pierres angulaires. Pour ceux qui souhaitent plus que jeter une oreille distraite sur la musique de cet homme, il est possible d’acquérir Beckology, un coffret de 3 CDs qui retrace de manière extensive la carrière du guitariste, des débuts avec les YARDBIRDS aux années 80, en passant par le JEFF BECK GROUP et l’époque instrumentale. Parmi les autres compilations disponibles, on trouvera également The Best of Beck (Epic, 1995) ou The Best of Beck with Rod Stewart (EMI, 1999) qui ont l’avantage d’être moins onéreux puisqu’ils ne sont formés que d’une seule galette…


Namus : "Enfin!!!" (bon tu l'as pas dit, ok!)

 

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Commenter cet article

Athalide 14/12/2006 17:42

Blow by blow est mon album préféré de cet excellent guitariste !

Systool 14/12/2006 20:39

Je te comprends... je l'apprécie beaucoup aussi ;-)A+

ClÚM 02/09/2006 13:38

J'ADORE !!!!!!Sauf qu'il avait la mani de faire des chansons d'environ 8 min donc il passe jamais à la radio... c'est bien dommage !

Systool 02/09/2006 14:05

Ah ben c'est pas faut, ça... et il était quand même assez expérimental, dans le genre... pas très FM tout ça ;-)

RiPSO 03/03/2006 11:08

salut!! :)j'aime beaucoup ton article, c'est très bien écrit!!par contre je voulais réagir sur les commentaires, pour défendre eric clapton car je l'ai vraiment découvert sur le dernier dvd de crosstown où il jouait avec buddy guy, robert cray, bb king... et franchement il enchaine vraiment super bien (et sa fender est completement déjantée :D )j'y crois pas que jeff beck ce soit désisté de woodstock!!! meme moi jme serai jamais désisté... bon j'ai pas le niveau et j'etais pas né je sais... lolallez a++ et bonne continuation!!

Systool 03/03/2006 16:15

Hello ripso! Merci pour ton commentaire!!!Beck a bien dû se désister de Woodstock, parce que Rod Stewart et le bassiste se sont barrés!Pas de bol pour lui! ;-)Ciao

Mélusine 16/02/2006 11:47

Un tit coucou à toi !!!Bisous bisous et bonne journée !

Spike 16/02/2006 08:42

Beck et sa guitare ,que de souvenir dis donc. Là je connais bien ;-) Amitiés.Spike.