DREDG : Catch without Arms (chronique)

Publié le par Systool

On peut dire jusqu’à présent que DREDG n’a pas la notoriété qu’il mérite. Ces Californiens de Los Gatos ont su proposer ces dernières années un son réellement différent ; leurs deux premiers albums, Leitmotif (1998) et surtout El Cielo (2002) regorgent de sonorités magnifiques, portées par la voix mélodieuse et aérienne de Gavin Hayes ainsi que la guitare tour à tour tempétueuse et délicate de Mark Engles. Influences orientales, textes poétiques même si parfois un peu « bateau » et un rock aux ambiances contrastées.

 

 

C’est donc avec une joie non dissimulée que j’apprends la sortie de leur nouveau LP, Catch without Arms. La pochette est dégoûtante. Soit. Concentrons-nous alors sur la musique : un départ plutôt encourageant – Ode to the Sun et Bug Eyes – lorgnant vers les meilleures compositions du deuxième album. On retrouve en effet la voix chaude et lyrique de Hayes, les riffs toniques et les tremolos si caractéristiques de Engles ainsi qu’une bonne section rythmique. La suite s’avère d’un tout autre acabit : après Catch without Arms et Not that simple qu’on qualifiera d’insipides, on a droit à un Zebraskin qui repousse les limites de la médiocrité. Heureusement que le ridicule ne tue pas, car les samples dignes du DJ de INCUBUS et cette ambiance pseudo-dansante seraient des arguments suffisants pour foudroyer sur place les membres de DREDG. Soyons positif en avouant que ce titre a au moins le mérite de sonner différemment. Il en va autrement des suivants : Tanbark, Planting Seeds ou encore Spitshine ont la fâcheuse tendance à se placer comme des clones d’un morceau-type de DREDG. La moitié de l’album s’est écoulée et certaines interrogations deviennent pressantes : où sont donc passés les musiciens inventifs et habités de El Cielo ? Cet album n’était certes pas parfait – son concept (la paralysie du sommeil) était un peu fumeux – mais il s’en dégageait une ambiance unique, en partie due aux belles plages instrumentales qui font totalement défaut sur ce Catch without Arms.

 
Le groupe a pris le parti de sonner plus brut, évitant les longues intro qui parsemaient leurs précédents opera. Pourquoi pas, mais la structure « intro de 4 mesures – couplet – refrain – couplet – refrain – un peu de vague et un dernier refrain pour la route » qui caractérise la quasi-totalité de Catch without Arms devient vite lassante… Heureusement, en fin d’album, Jamais Vu et Hangover on a Tuesday remontent un peu la barre avec leurs mélodies planantes et leur refrain punchy. Mais c’est sans compter sur Matroushka qui clôture l’album d’une bien triste manière. On a droit à un couplet à la naïveté de SIMON AND GARKUNKEL et un refrain digne des BACKSTREET BOYS. Quel gâchis.

 

 

 

 

 

 

Inutile de se leurrer, les sympathiques Américains de DREDG se sont fourvoyés sur ce coup-là. Ce troisième album est certes bien produit (avec Terry DateDEFTONES, PANTERA, SOUNDGARDEN – c’est évident) et quelques-uns des titres de Catch without Arms feront bonne figure sur le tracklisting de concert, mais on ne peut faire à moins de ressentir une certaine déception. C’est bien dommage.

 

 



 

DREDG - Catch without Arms (Interscope), 2005

Publié dans Rock

Commenter cet article

Lélé 26/10/2005 18:05

Mais COMMENT tu fais pour tout savoir sur tout, avoir tout lu, tout vu et tout entendu? Ca me déprime!

friday13 26/10/2005 14:48

assez bien comme blog

@+ continue

Jack the ripper 22/10/2005 16:28

Ca a pas l'air dementiel donc ?!
Ils m'ont l'air vraiment trop gueusif lol
J'attends ton article sur la carriére de Jethro tull ;)

REP: J'adore EL CIELO de 2002. Je te le conseille vivement. Par contre, celui-ci est moins bon, en effet...